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Les Émirats Arabes Unis : Un canal pour contourner Ormuz ?

  • il y a 16 heures
  • 2 min de lecture

Face à la vulnérabilité du détroit d’Ormuz, les Émirats arabes unis accélèrent une transformation majeure de leurs infrastructures énergétiques et portuaires. Leur objectif : pouvoir exporter leur pétrole et maintenir leurs échanges commerciaux sans dépendre de ce passage stratégique contrôlé en partie par l’Iran.

Les Émirats Arabes Unis : Un canal pour contourner Ormuz ?

Les Émirats Arabes Unis : Un canal pour contourner Ormuz ?

Le détroit d’Ormuz constitue depuis des décennies l’un des principaux points faibles du commerce mondial. Avant les perturbations provoquées par la guerre avec l’Iran, environ 20 millions de barils de pétrole y transitaient quotidiennement. Sa fermeture ou son blocage menace donc directement les économies du Golfe et l’approvisionnement énergétique mondial. Pour les Émirats arabes unis, cette dépendance est devenue un risque stratégique majeur. Le pays dispose toutefois d’un avantage géographique : contrairement à plusieurs de ses voisins, son territoire possède également une façade maritime sur le golfe d’Oman, au-delà du détroit.


Les Émirats Arabes Unis : Un canal pour contourner Ormuz ? Monsieur Lifestyle Magazine

Fujairah, nouvelle porte de sortie du pétrole émirati

Au cœur de cette stratégie se trouve Fujairah. Ce port est relié aux installations pétrolières d’Abou Dhabi par l’Abu Dhabi Crude Oil Pipeline (ADCOP), un oléoduc d’environ 400 kilomètres permettant d’acheminer le brut directement jusqu’au golfe d’Oman.


Sa capacité atteint actuellement près de 1,8 million de barils par jour. Mais les Émirats construisent une deuxième conduite afin de pratiquement doubler leurs capacités d’exportation via Fujairah, avec un objectif proche de 3,6 millions de barils quotidiens à partir de 2027.


L’enjeu dépasse cependant le pétrole. Les infrastructures portuaires de Fujairah, Khor Fakkan et Dibba doivent être renforcées afin de transférer une partie des activités aujourd’hui dépendantes des ports situés à l’intérieur du Golfe. Un autre pipeline destiné aux produits raffinés, comme le diesel ou le kérosène, est également envisagé.


Jusqu’à creuser un canal géant ?

C’est ici que le projet prend une dimension spectaculaire. Parmi les scénarios revenus dans le débat figure l’idée ancienne de creuser un canal d’environ 180 kilomètres entre la région de Dubaï et la côte orientale des Émirats, permettant aux navires de rejoindre directement la mer d’Arabie sans emprunter Ormuz.


Déjà imaginé en 2008, ce chantier nécessiterait de traverser notamment des zones montagneuses et pourrait représenter plusieurs centaines de milliards de dollars d’investissements. À ce stade, il s’agit davantage d’une option stratégique que d’un chantier officiellement engagé.



La priorité immédiate reste donc beaucoup plus concrète : pipelines, terminaux et ports. Cette stratégie pourrait profondément modifier l’équilibre économique du Golfe. En développant une véritable façade énergétique sur l’océan Indien, les Émirats cherchent non seulement à sécuriser leurs exportations, mais aussi à réduire durablement leur exposition aux tensions avec Téhéran.


Le détroit d’Ormuz resterait incontournable pour une partie du commerce régional. Mais Abou Dhabi veut désormais disposer d’une assurance : si Ormuz se ferme, l’économie émiratie doit pouvoir continuer à fonctionner.

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